Les Retables de la Vallée du Viaur par Monique Dugué-Boyer

Union Sauvegarde du Rouergue

Infos pratiques

Conférence donnée par Monique DUGUE-BOYER en l’église de Saint-Sauveur de Grandfuel

dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine 2026

le dimanche 20 septembre 2026

fiche JL Vernhes

Le dimanche 20 septembre 2026 à 15h

En longeant le cours du Viaur, non loin de l’ancien pont enjambant la rivière, on aperçoit à demi-caché dans les frondaisons le clocher de la singulière église de Saint-Sauveur de Grandfuel.

L’église actuelle date du XVe siècle, on la dota d’éléments de fortification nécessaires du fait de sa position isolée. Plusieurs chambres aménagées au dessus de la nef permettaient à la population d’y trouver refuge au moment des périodes troublées.

Cependant ce lieu de culte implanté dans un lieu isolé recèle deux magnifiques joyaux classés Monuments historiques : un retable et une chaire à prêcher du XVIIIe siècle.

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Le retable prend la forme d’un magnifique ensemble polychrome peint et doré en bois de chêne et de tilleul, vraisemblablement réalisé après 1758, date ou la paroisse fut dépositaire d’une relique insigne : la Sainte Epine.

Il se décompose en plusieurs parties :

Dans sa partie médiane, un tabernacle entouré de panneaux sculptés consacrés à la Passion du Christ : flagellation, couronnement d’épines, portement de croix dans lequel Véronique essuie le visage du christ, descente de croix. Sur la porte du tabernacle une scène représente un ange tenant un calice et donnant l’Eucharistie à un personnage féminin à genoux, il s’agit de Marie-Madeleine reconnaissable à sa longue chevelure. Des colonnes torses, décorées de pampres de vigne reposent sur des piédestaux représentant à gauche saint Pierre avec ses clés, saint André avec sa croix, à droite saint Martial en costume d’évêque et saint Paul avec son épée.

Au-dessus du tabernacle une niche étroite servait à exposer le reliquaire de la Sainte Epine, aujourd’hui présentée dans une armoire sécurisée.

Le grand tableau central illustre un thème relativement rare pour un retable : la Transfiguration, à noter la présence des armoiries du commanditaire dans l’angle inférieur du tableau. L’ensemble est coiffé par un fronton orné d’un groupe, avec le christ sortant du tombeau avec la croix apparaissant à Marie-Madeleine.

Enfin de chaque côté deux grandes niches abritent les statues en ronde bosse de saint Pierre et saint Paul.

Ce retable ornant le chœur de cette modeste église rurale est tout à fait remarquable par sa qualité d’exécution et le soin apporté au choix des décors et à sa polychromie.

Mais un autre élément original et singulier est à remarquer à Saint-Sauveur, sa magnifique chaire peinte dont l’exécution est contemporaine du retable. Elle est constituée d’un ambon de plan pentagonal décoré de panneaux sculptés représentant les docteurs de l’église, iconographie relativement rare : saint Jérôme, saint Ambroise, saint Grégoire et saint Augustin. Le dossier se compose d’un panneau central environné d’un décor de feuillages et de fleurs. Le sujet est inusité, c’est celui de la parabole du semeur, celui-ci est représenté en costume court de curé du XVIIIe siècle, avec sa soutanelle et son tricorne. remarquable illustration plaisante et éloquente !

Ces deux beaux ensembles ont bénéficié de plusieurs travaux de restauration initiés par la dynamique association des Amis de Saint-Sauveur, soutenus par la mairie de Comps-la-Grand-ville ainsi que par les services de la DRAC Occitanie. 

À l’occasion de ces journées du patrimoine à Saint Sauveur de Grandfuel, Monique Dugué-Boyer a rappelé tout l’intérêt des nombreux retables décorant les églises du Rouergue. Le bassin du Viaur recèle de beaux exemples de ces œuvres portant témoignages de la foi de nos pères. Outre celui de Saint-Sauveur on peut citer les retables de l’église de Comps-la-Grand-ville, venant de l’abbaye de Bonnecombe, de l’église de La-Capelle-Viaur et de Saint-Just sur Viaur.